Les services de soins à domicile sont menacés. Les associations qui les fournissent, les syndicats, sensibilisent les élus sur leurs difficultés financières à équilibrer leur budget.
Je me suis fait l’interprète des associations et bénéficiaires en interpellant le Président du Conseil Général, D. Dupilet. A Arras, j’ai voulu alerter le Président et des élus, sur ce problème qui impacte lourdement de plus en plus de personnes sur le département.

La situation est inquiétante sur plusieurs aspects, dont celui de l’emploi: je voudrais rappeler la situation du Calaisis où en 2010, les 3 Associations recrutant le plus de salariées ont subi des pertes d’activité : l’ADMR d’Audruicq : 12 % ; l’ADAR de Coquelles : 10 %; pour l’AMB d’Ardres, c’est 10% et ses aides ménagères représentent plus de 170 employées !

Un autre constat m’alarme: La population vieillit, le besoin d’aide des Personnes Agées augmente, alors que les services d’aide à domicile « certifiés et autorisés », voient leur activité baisser !
Quant aux personnes en GIR (niveau de dépendance) 1 ou 2 en 2010, elles ont beaucoup moins d’heures qu’en 2005, alors que l’état de dépendance est le même !

Je pointe plusieurs conséquences à cette situation. Le reste à la charge des bénéficiaires augmente ! Résultat : Les personnes fragiles ne vont plus avoir les moyens de se soigner et de payer pour rester à domicile, ce qui risque d’aboutir à des hospitalisations onéreuses et à des placements non souhaités.

Et je pose plusieurs questions :
«- A t-on décidé de laisser des milliers de personnes sans aide, ou avec une aide inadaptée, car les interventions de 30 à 45 mn ne permettent plus de faire un travail de qualité !
- Comment demain, ces associations expliqueront-elles à une personne malade et fragile qu’elle doit payer plus pour être moins aidée qu’avant ?

Autre constat édifiant : La CERSAT (ex-CPAM) n’aide plus avant 75 ans, contre 60 ans auparavant ! Résultat : cela représente un nombre considérable de personnes qui n’ont d’autre possibilité que de payer si elles ont besoin d’aide, mais elles ne relèvent alors pas de l’APA ! » (Allocation Personnalisée à l’Autonomie).

Débloquer un fond d’urgence va régler certains problèmes à court terme… mais il faut trouver des solutions durables si l’on veut à la fois promouvoir le « bien vieillir à domicile », et pérenniser les emplois des auxiliaires de vie sociale employés par des Services d’Aides à Domicile… je sais que le problème est difficile, que le département a déjà fait des efforts mais il doit les poursuivre, aidé par l'Etat !

Bien des choses sont menacées : le lien social avec les plus fragiles, le maintien des prestations d’aide à domicile, la pérennité de centaines d’emploi…
J'espère que mon appel sera entendu et qu’une prise de conscience va s’opérer sur un problème qui impacte le canton d'Ardres mais aussi tout le département.